s'Initier

Suivant comment s’écoule ton sablier,
deux chemins pour s’initier au projet des Saisons Nomades
En passant
Prendre le temps
s’InitierEn passant

Processus

Règle temporelle

Tous les cinq jours, durant deux ans, le poème est écrit.
A 8 heures, le jour du nouveau kô du calendrier japonais (début 4 février, Le vent d’est fait fondre la glace).
Il y en a 72.

Règles de production

Règle 1. Durant l’écriture, constamment avancer. Pas d’arrêt ni de retour.
Règle 2. La suspension signifie la fin.
Règle 3. Retouches. Ne rien ajouter. Ne rien transformer. Ne pas changer l’ordre.
Règle 4. Retouches. Enlever, gratter, supprimer. Tailler. Amenuiser.

Diffusion

Première voie.

Jouer dans les mots de saisons. Naviguer.
Papillonner. Se laisser dériver. Regarder en arrière.
Faire signe.

Deuxième voie.

Péleriner.
Quoi ? Forme courte. Eclat de poème ramassé.
Quand ? Tout au long de l’année japonaise. 72 fois. Chaque jour où le kô change.
Combien ? De un à cinq fragments.
Liturgie des heures : à 8 heures ; puis selon le nombre d’éclats, dix heures, midi, six heures…)
Comment ? s’inscrire, puis recevoir les fragments de poème par message sur son téléphone.
Où ? Le Pèlerinage des saisons.

s’InitierPrendre le temps

Tracer, suivre la trace. Marque, empreintes.

Constituer un fil. Tout d’abord, l’attraper.
Passer par le chas, la porte étroite.

Le dispositif de fragmentation, processus de perte et de vie, fonctionnement du vivant végétal, révèle un phénomène de condensation (explorer aussi le mot décantation qui m’évoque la cantate).

Les restes (les dépouilles du texte) font le sacré.

Sens du mot sacrifice : ce dont on se dépouille pour tisser la route invisible vers le divin (le ‘’plus-grand’’ – les dieux– ou le ‘’toujours là’’ – El Shaddai, l’Eternel).

Les restes  révèlent la filigrane de ce qui a été délesté, perdu, subsistant à l’état de trace.

Ce processus m’évoque l’intensification de la couleur dans le procédé de la teinture et sa fixation.

On fixe avec des sels, la salaison est un processus de conservation qui fige la désagrégation par les bactéries, la dissipation de la forme par le multiple ; elle la suspend.

Vient la question : proposer aux Passants de voir ces vitraux, ces éclats de couleurs sans leur contexte, sans le plomb qui sertit le verre, sans la fenêtre qui révèle l’ouverture et ce jeu de transcendance ? Ou alors…

Nous goûtons aujourd’hui les murs sobres d’abbaye ou d’église qui, jadis, ruisselaient de couleur.

En imposant cette dichotomie, nous perdons la dialectique sensorielle entre forme et couleur.

La forme des bâtisses sacrées symbolise la direction de cette parole prononcée par le sacrifice (paganisme) ou la liturgie (monothéisme) : l’église chrétienne s’étend comme le corps sacrifié, croix couchée au sol.

Les nefs transverses, ses bras. Après l’autel, la tête couronnée. L’église est au sens propre, orientée: la tête s’étend vers l’Orient d’où nait le soleil.

La lumière naît à l’Est, se couche à l’Ouest. Le mot Ouest, lié à occident, vient d’occidere : tomber à terre, et donc, se coucher, comme le soleil. La trace persiste dans occire.

Choisir de porter la forme.

Dans ce projet qui s’écrit, la scansion, les espaces de temps.

Pour-de-vrai.

Echafauder l’architecture.

Ce qui m’est donné de surcroît, c’est le regard, saisissement de ce qui est là, change, pousse, vit, s’anime, fane – et que je ne voyais pas, faute de mot pour le nommer,

faute d’attention.

Ce qui m’est donné de surcroît, c’est le regard, saisissement de ce qui est là, change, pousse, vit, s’anime, fane – et que je ne voyais pas, faute de mot pour le nommer,

faute d’attention.