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立春 – Risshun
Le début du printemps
雨水 – Usui
L’eau de pluie
啓蟄 – Keichitsu
Le réveil des insectes
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春分 – Shunbun
L’équinoxe de printemps
清明 – Seimei
Pureté et clarté
穀雨 – Kokuu
Pluie de grains
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立夏 – Rikka
Début de l’été
小満 – Shôman
Légers mûrissages
芒種 – Bôshu
Germes et grains
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Solstice d’été
小暑 – Shôsho
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立秋 – Risshū
Début de l’automne
処暑 – Shosho
Chaleur modérée
白露 – Hakuro
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秋分 – Shūbun
Equinoxe d’automne
寒露 – Kanro
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霜降 – Sôkô
Arrivée du gel
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立冬 – Rittô
Début de l’hiver
小雪 – Shôsetsu
Petite neige
大雪 – Taisetsu
Grande neige
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冬至 – Tôji
Solstice d’hiver
小寒 – Shôkan
Petit froid
大寒 – Daikan
Grand froid

Fragments

立春
Risshun
Le début du printemps
雨水
Usui
L’eau de pluie
啓蟄
Keichitsu
Le réveil des insectes
春分
Shunbun
L’équinoxe de printemps
清明
Seimei
Pureté et clarté
穀雨
Kokuu
Pluie de grains
立夏
Rikka
Début de l’été
小満
Shôman
Légers mûrissages
芒種
Bôshu
Germes et grains
夏至
Geshi
Solstice d’été
小暑
Shôsho
Petite chaleur
大暑
Taisho
Grande chaleur
立秋
Risshū
Début de l’automne
処暑
Shosho
Chaleur modérée
白露
Hakuro
Rosée blanche
秋分
Shūbun
Equinoxe d’automne
寒露
Kanro
Rosée froide
霜降
Sôkô
Arrivée du gel
立冬
Rittô
Début de l’hiver
小雪
Shôsetsu
Petite neige
大雪
Taisetsu
Grande neige
冬至
Tôji
Solstice d’hiver
小寒
Shôkan
Petit froid
大寒
Daikan
Grand froid

1東風解凍

Harukaze kôri o toku
Le vent d’est fait fondre la glace.

Derrière les mots s’inscrivent les pas dans la neige Animaux de passage

2黄鶯睍睆

Kôô kenkan su
Les fauvettes chantent à nouveau dans les montagnes.

Outremère tu m’as délaissée sur la vague

2.1

L’orange du cœur brisé sur la table à repasser

2.3

Mon chant pond ses œufs dans la neige Talus de l’être couché dans le fossé

3魚上氷

Uo kôri o izuru
Les poissons jaillissent de la glace.

Je dois moi aussi sortir mes cheveux de la cascade et laver le fleuve

3.1

La rivière de nos larmes à rebours du courant Le long des berges rayons d’abeille dans les aiguilles de pins Nous découvrons ce qui découle

4土脉潤起

Tsuchi no shô uruoi okoru
La pluie humidifie la terre.

La pluie humidifie la terre Ô ma mère l’ondée

5霞始靆

Kasumi hajimete tanabiku
La brume commence à s’attarder.

Je m’enivre de givre lèvres couvertes pellicule froide blême sourire de volcan assoupi

6草木萌動

Sômoku mebae izuru
L’herbe se remet à pousser, les arbres bourgeonnent.

L’orange du cœur brisé sur la table à repasser

7蟄虫啓戸

Sugomori mushito o hiraku
Les insectes sortent de leur hibernation.

Les insectes sortent de leur hibernation leurs crochets grattent mon imagination dépècent ma raison

7.1

Cousins des cousins, frères des frères défunts des défunts, vivants des vivants siècles des siècles ressuscités

7.2

Les insectes armées noires furibondes déversent leurs rapides de charbon sur mon visage

8桃始笑

Momo hajimete saku
Les premiers pêchers fleurissent.

Les jeunes femmes sont tristes Les vieilles femmes sont des colombes blanches rassemblées sur les dalles

8.1

Les flammes sont roses parfois La rose est dedans roulée dans ses spirales d’épines

9菜虫化蝶

Namushi chô to naru
Les chenilles se changent en papillons.

Une balle dans la tête comme Evariste Galois n’a pas détruit sa pensée Elle déferle calmement sur le rivage des idées

10雀始巣

Suzume hajimete sukū
Les moineaux commencent à nicher.

La divinité ne s’est pas levée ce matin

11櫻始開

Sakura hajimete saku
Les premiers cerisiers sont en fleurs.

Les premiers cerisiers sont en fleurs noyau amer dans ma gorge Le coin entre en moi me fend Les fibres se découvrent Jusqu’au cœur je suis vivante

12雷乃発声

Kaminari sunawachi koe o hassu
Le tonnerre se fait entendre.

Tonnerre il a grondé cette nuit écrasé mon lit dans sa paume les pieds tremblants sur le plancher

13玄鳥至

Tsubame kitaru
Les hirondelles sont de retour.

Le bleu sort vainqueur dernier debout des sept mercenaires de la couleur

14鴻雁北

Kôgan kaeru
Les oies sauvages volent vers le nord.

Les oies sauvages volent vers le nord dans le sable des lisières je pleure des larmes de sable pour alourdir les estuaires

14.1

Le souvenir Chair d’huître repliée en perle dans sa coquille fracassée au bord des rochers noirs où nous avons écouté une dernière fois la mer l’été dernier

14.2

À la fenêtre proche le son cogne en moi brutal comme un clocher

14.3

rien ne pèse au sommet plus de gravité Nuages mes tantes effacées

14.4

À toi on ne se fie pas À moins de finir noyée dans l’eau du torrent marmite du diable tournoyante

15虹始見

Niji hajimete arawaru
Les premiers arcs-en-ciel apparaissent.

L’arc en ciel tombe sur les draps me tombe dans les bras Comme du fourrage les brassées de jadis

16葭始生

Ashi hajimete shôzu
Les premiers roseaux poussent.

J’écoute les cheveux pousser dans le creux du bosquet dans le terrier du lièvre

16.1

Ô Alice le lapin blanc courait dans tes rêves La porte mosaïque blanche et noire comme un combat de reines déjà

16.2

Ta tête tombait Alice sous les coups de massue ta pensée perdait ses rouages sur l’échiquier

17霜止出苗

Shimo yamite nae izuru
Les derniers gels disparaissent et les jeunes plants de riz commencent à pousser.

Mémoire que je mange avec des baguettes On ne va pas prendre de gants

18牡丹華

Botan hana saku
Les pivoines fleurissent.

Adieu beauté Ton velours entrevu chiffon de giroflée agité au tournant sombre

19蛙始鳴

Kawazu hajimete naku
Les grenouilles recommencent à chanter.

La peine chante en moi comme la laine Ciel grisonnant aux tempes

19.1

Dé-clarté pèse sur mes cheveux Les algues de la pensée Tout mêlé

20蚯蚓出

Mimizu izuru
Les vers de terre refont surface.

S’inscrit ce qui pousse entre les grains de l’humus

21竹笋生

Takenoko shôzu
Les bambous poussent.

Ton baiser sur le miroir te surprend Tu n’en reviens pas Qu’est-ce qu’il y a dans ta tête ce pays où souffle le vent de ton âme

22蚕起食桑

Kaiko okite kuwa o hamu
Les vers à soie se régalent des feuilles de mûrier.

Les vers à soie se régalent des feuilles de mûrier Il y a un an déjà ma tête dévorée sous sa couronne d’épines et son sang de mûre noire

22.1

Je me rendrai à ma compagne de tour et de murailles Nous chanterons la Maison Dieu écroulée et l’alliance toujours pure avec le ciel déversé

23紅花栄

Benibana sakau
Les carthames fleurissent.

Filles de rois Ondines que j’attrape à l’hameçon de mes yeux éblouis

24麦秋至

Mugi no toki itaru
Le blé mûri est moissonné.

Le blé mûri est moissonné Foison Toison d’or de mes forces

25蟷螂生

Kamakiri shôzu
Les mantes religieuses sortent de l’œuf.

Les mantes religieuses sortent de l’œuf J’écoute contre mon oreille contre mon éveil le jour pas encore levé

25.1

Ovule rouge du coyote ses promesses sombres ses palettes marbrées de sang neuf

25.2

Le jour appelle de son doigt dressé comme un phare

26腐草為螢

Kusaretaru kusa hotaru to naru
Les herbes mortes renaissent en lucioles.

Les herbes mortes renaissent en lucioles je n’ai pas peur

26.1

La toile cirée lactée traversée nous marchons à cloche-pied sautons marelle d’un astre à l’autre d’une myriade à l’autre Petites filles en robe sage

27梅子黄

Ume no mi kibamu
Les prunes jaunissent.

Confitures confites en dévotion dans les greniers de nos joues Tristesse des sucres d’orge Bouffon, fou du roi – foudroie

28乃東枯

Natsukarekusa karuru
Les brunelles flétrissent.

Les brunelles flétrissent l’année bascule Hésite sur son arête frappe d’un côté, de l’autre Sapins tombés des ans passés

28.1

Les pommes de pins insubmersibles voyagent dans la Pangée recouvrent la terre rénovée Continents serrés comme des gousses de clémentine

28.2

Terre bleue sous laquelle court la roche suspendue comme un filet à agrumes dans l’espace

29菖蒲華

Ayame hana saku
Les iris fleurissent.

Virage violent du regard dissimulé sous le pétale des paupières

29.1

L’orage de la beauté doit laver la pierre jusqu’à la douceur

30半夏生

Hange shôzu
Les pinellia ternata commencent à germer.

A-t-on idée de s’appeler comme ça a-t-on idée de s’appeler comme toi idée de t’appeler

31温風至

Atsukaze itaru
Le vent chaud souffle de nouveau.

Chantant à tue-tête hululant mon cœur empli de petits cailloux

32蓮始開

Hasu hajimete hiraku
Les premiers lotus fleurissent.

La feuille fendue par le couteau de la pensée

32.1

Pli central La lacune Le puits où l’eau se désespère la nuit

32.2

Un sou neuf roulé sur la tranche La merveille s’en aller à petites foulées petit rayon de miel d’une roue sans rancune

32.3

Tout au bord de la table jeter l’essor

33鷹乃学習

Taka sunawachi waza o narau
Les faucons apprennent à voler.

Les faucons apprennent à voler bec courbes, cornes blessant le vent – Il saigne sans un soupir Ayant tout donné déjà

34桐始結花

Kiri hajimete hana o musubu
Les paulownias produisent leurs premières graines.

Maintenant c’est la cosse noire la grappe sèche au cœur du fruit qui danse la nuit quand le chat n’est pas là sur la pelouse

34.1

Pour appeler le tronc pour appeler les branches Feu d’artifice fête de l’impossible pourtant possible Paulownia

35土潤溽暑

Tsuchi uruôte mushi atsushi
La terre devient moite, l’air s’humidifie.

Ciel Ouvre le fond de ton vase qu’il s’écroule sur moi chute sombre

35.1

Pénétrez la croûte Faites trembler les outres de l’obscurité Faites danser la terre et les métaux Écartez tout ce qui empêche Faites remonter sur les plaines et les mers La caresse des abysses

36大雨時行

Taiu tokidoki furu
De grosses pluies se mettent parfois à tomber.

De grosses pluies se mettent parfois à tomber sur les os assemblés

36.1

Le regard s’immacule comme le cristal d’un flocon

36.2

Une mélodie cristalline éparpille l’oubli et le referme derrière mes pas

37涼風至

Suzukaze itaru
Le vent frais souffle à nouveau.

Mon visage est une forêt vent vert rivière de feuilles sentier qui s’efface dans les fourrés

38寒蝉鳴

Higurashi naku
Les cigales nocturnes se remettent à chanter.

Quand la lune a un doigt sur la bouche J’entends un murmure dans le noir des buissons

38.1

Comment rouler dans la nuit la lumière comme une couverture

39蒙霧升降

Fukaki kiri matô
Le brouillard épais descend.

Donner la douceur c’est la recevoir

39.1

La merveille descend Marche après marche L’escalier Emmenant comme un loup sa lueur Pétale fiché sur la mèche de l’âme

40綿柎開

Wata no hana shibe hiraku
Les fleurs de coton fleurissent.

Les fleurs de coton fleurissent fleurs de neige chaudes Braises sur mes joues

41天地始粛

Tenchi hajimete samushi
La chaleur commence à s’atténuer.

Le ciel a ramassé la pluie dans sa main en godet il sème

42禾乃登

Kokumono sunawachi minoru
Le riz mûrit.

Grain de riz mes pensées déchirées comme des nuages

42.1

Le dehors fenêtre qui pense

43草露白

Kusa no tsuyu shiroshi
La rosée luit sur l’herbe.

À la lèvre une perle venue de l’humidité

43.1

L’animal tapit sa fourrure et ses doutes Dessous dorment les filons grandes allées de matière qui font mine d’être mortes

44鶺鴒鳴

Sekirei naku
Les bergeronnettes se remettent à chanter.

Puits de la pupille Lavons notre regard d’une paupière sans pareille

44.1

Flambées de fleurs sur le sable les rêves broyés menus

45玄鳥去

Tsubame saru
Les hirondelles s’en vont.

Mes yeux fermés refusent les lacs du sommeil Je touche d’un orteil les étangs du rêve tout couverts de lentilles d’eau et d’herbes longues

45.1

Dans un courant sans aval ni amont Les cercles sur la surface s’agrandissent comme les yeux d’un hibou

46雷乃収声

Kaminari sunawachi koe o osamu
Le tonnerre cesse son grondement.

Ruissellements de la douleur le long de la colonne serpentine des vertèbres

46.1

Comme si d’une paroi à l’autre le lion du tonnerre avait cessé de se jeter dans l’Afrique jamais vue dans les barreaux de la solitude sur la crinière sèche de la savane

47蟄虫坏戸

Mushi kakurete to o fusagu
Les insectes se terrent dans le sol.

Les insectes entrent au plus près du secret dans une nuit odorante nuit de racines sous le bonnet de l’hiver pour mûrir l’œuf et sa saga emmaillottée

48水始涸

Mizu hajimete karuru
Les fermiers drainent l’eau des terres.

Les fermiers drainent l’eau des terres La fin du riz Où est-il ? Dans les jarres au ventre large Et les eaux ne sont pas perdues

48.1

Les talus des rizières côtes saillantes

48.2

Pourtant la faim est sauvée pour d’autres temps

49鴻雁来

Kôgan kitaru
Les oies sauvages sont de retour.

Les oies sauvages sont de retour Moi aussi en boucle d’oie en plume de ciel Je suis de retour je suis revenue Effacer mes traces Au retour du carillon de la naissance

50菊花開

Kiku no hana hiraku
Les chrysanthèmes fleurissent.

Bientôt ce sera la fête des morts que nous moissonnons Le Vésuve coule sur d’autres têtes Pluie blanche du phosphore

50.1

Les chrysanthèmes fleurissent leur or vers d’autres tombes

50.2

Il faut brûler les tisons de nos os les laisser refroidir en d’autres saisons Rosée froide

51蟋蟀在戸

Kirigirisu to ni ari
Les grillons chantent au pas des portes.

Guet la pointe d’aiguille vive lointain devenu proche si proche

52霜始降

Shimo hajimete furu
Les premiers gels apparaissent.

Qui se cache dans les cristaux surgis durant la nuit ? Sur l’herbe et les tiges envahies soupeser le sein d’une rose dans leur paume

52.1

Où est le jardin ? Pas dans le lointain de la mémoire (mais y est aussi)

52.2

Nous nous souvenons du jardin dans son altière présence dont les fruits sont Les yeux renouvelés La bouche ébahie suspendue entre deux souffles par la merveille

52.3

Le mot à venir remplacé par un chant pur comme l’oiseau

53霎時施

Kosame tokidoki furu
Des bruines se mettent parfois à tomber.

Bruines, ruines du ciel éboulé derrière la vitre d’un visage Un visage regardé par l’ailleurs

53.1

L’ailleurs retourne la caresse infiniment douce

54楓蔦黄

Momiji tsuta kibamu
Les feuilles d’érables jaunissent.

Tour crénelé chemin de ronde du jaune couleur disparue

54.1

Mener l’enquête partie dans la nuit – attirée dans un fourré pour saigner sa lumière ?

54.2

Curons les fossés Retrouvons l’enfant perdu

55山茶始開

Tsubaki hajimete hiraku
Les premiers camélias fleurissent.

Une fleur teintée de mauve creuse son pétale improbable dans l’hiver accouru les cheveux pleins de givre

55.1

L’étincelle de chair frotte le silex La lueur du sang jaillit Est-ce la blessure est-ce la lumière Le cœur est au même endroit

56地始凍

Chi hajimete kôru
Les terres commencent à geler.

vite me jeter sur la flamme Immoler la glace enserrée dans les rameaux

57金盞香

Kinsenka saku
Les jonquilles fleurissent.

L’épousée du jihad tend sa main tremblante et pure du ciel s’abat la bombe de désir

57.1

Danse Shiva danse tes bras comme des flammes dans mon foyer

57.2

J’ai calmé la fumée épaisse des brouillards chantonné aux flammèches

58虹蔵不見

Niji kakurete miezu
Les arcs-en-ciel se cachent.

L’enfant qui marche dans l’oubli Laisse des fleurs de silence sur le sol

58.1

L’arc-en-ciel tire une flèche depuis l’horizon enfui de la couleur

59朔風払葉

Kitakaze konoha o harau
Le vent du nord emporte les feuilles des arbres.

Je les ai vues recroquevillées Barques rousses prendre des virages sur les rapides du vent

59.1

Je me couche dans les braises dans le lit oublié Chaudron évanoui potions sans remèdes

60橘始黄

Tachibana hajimete kibamu
Les feuilles des mandariniers tachibana jaunissent.

Les feuilles des mandariniers tombent dans le côté perdu De part en part poursuivent leur part plus subtile

60.1

Sonnant dans les taillis la forêt tient son souffle à la suite du soleil allongé sur le champ de colza

61閉塞成冬

Sora samuku fuyu to naru
Le froid arrive, l’hiver commence.

Ecureuil il sera, peut-être, la flamme rousse qui brûle la branche avec l’éclair de sa vitesse légère Et moi je contemple à jamais ce signe bouche bée comme un jardin sous la neige

62熊蟄穴

Kuma ana ni komoru
Les ours repartent en hibernation dans leur tanière.

Les crocs de la bruyère déchirent mon intérieur festoyant rideau de théâtre

62.1

Ô mon ours Retourne dans ta tanière Épouse le glaçon de l’hiver

62.2

Dans ton rêve des sanglots puissants comme la mâchoire d’un ours

62.3

Tu te dis qu’ils s’accrochent à l’oreille de celle qui fait sourde sourde oreille

62.4

Grande glaciation migrations inuites Marche tes pas dans ceux des loups de traineau À l’encontre du continent nouveau où les êtres rencontrent leurs prairies

62.5

Le sommeil perdu plein des osselets de la douleur

62.6

Danse sur le bord du monde au-dessus de la faille sur la longue Cordillère de l’oubli.

63鱖魚群

Sake no uo muragaru
Les saumons se regroupent en bancs.

Les saumons se regroupent en bancs autour de la table des eaux Banquet de courants émeraude turquoise et tutti quanti

63.1

Et surtout la transparence qu’ils dégustent comme du caviar Attablés autour de la neige dans l’alliance circulaire couronne le soleil

63.2

Ils oublient les épines le sang les larmes qui coulent sur leur visage Les paroles s’agglutinent comme les œufs de lumps Petites bulles précieuses qui roulent sur leurs papilles

63.3

Les larmes tombent dans les assiettes sans bruit dans les couverts et tous les voient les honorent Tous lèvent leur verre à la flûte de la joie à la grande chute des douleurs

64乃東生

Natsukarekusa shôzu
Les brunelles poussent.

Solstice d’hiver Clenche dorée sur l’année trou de serrure pour mater le germe d’or

64.1

Mon œil solitaire face à son œil insondable

64.2

L’or en pluie d’étoiles sur ce seuil où l’amitié nous accueille de son ondée douce

64.3

Tambour de la colline où les épines sont toujours cachées

64.4

Les doubles pastilles phosphorescentes du regard des bêtes dans la nuit longue comme la descente de lit des galaxies

64.5

Je marche pieds nus dans la nuit pour fouler l’ombre et jaillir le jus sombre et boire les rasades dans le secret du repos

65麋角解

Sawashika no tsuno otsuru
Le cerf perd ses bois.

Le cerf bois sanglants couronne d’épines résurrection Antenne pour appeler la foudre plume de combat

65.1

Le soleil passait un pinceau doré sur les rives pleines d’oiseaux et de bois flottés

65.2

Je laisse le courant emmener mes pattes fatiguées ma tête pleine d’eau

66雪下出麦

Yuki watarite mugi nobiru
Le blé pousse sous la neige.

Le blé pousse sous la neige Elle fond La pluie la mange Dans sa salive passe le coton des nuages

67芹乃栄

Seri sunawachi sakau
Le persil fleurit.

Le persil fleurit dans le froid Les lumières de Tokyo passent sur le bord de la route emportées par la nuit Semences confiées au vent

67.1

confidences murmurées à l’oreille croquée au passage comme le bord d’un biscuit

67.2

Ce froid fait pousser ses champs immenses de blanc sous les rayons de la nuit

67.3

Rendre les armes rester coulés

68水泉動

Shimizu atataka o fukumu
Les sources se dégèlent.

Les sources dégèlent la peur coulures en pente douce sur la mousse vert brillant de mille feux sous la cendre de l’ombre de la forêt

68.1

Racines percent les rives Au coin de l’œil de la source coule une longue larme sur le sol

68.2

Je dois maintenir les affaires d’oiseaux en route, en vie

69雉始雊

Kiji hajimete naku
Les faisans se remettent à chanter.

Les images entrevues pas plus grandes qu’une feuille emportée tombée au sol décomposée en moi par d’infimes insectes

69.1

Ami perdu sur la pelouse craquante de givre enveloppée d’un papier de soie dans la boîte de l’hiver

69.2

Depuis que les mots sont venus ouvrir mes yeux comme les noisettes de l’écureuil L’attention

70款冬華

Fuki no hana saku
Les pétasites bourgeonnent.

Dans les bois en éponge passent en courant chevreuils et ruisseau L’hiver les pousse sur la pente

70.1

M’attendaient le lait gonflé de la vache, le chocolat à briser or brun et violet Le lait qui file sous le couvercle Les flammes orange Poumons satisfaits

70.2

Quand les froids comme des loups fondent sur les monts

70.3

L’océan embrasse de toutes ses vagues les côtes des continents baiser d’îles

70.4

Chansons de lave Comme la saudade éteinte des volcans rauques au lendemain de la fête

71水沢腹堅

Kiwamizu kôri tsumeru
La glace s’épaissit sur l’eau.

Tu es devant moi visage Ton visage est le visage

71.1

On ne voit pas sa propre bouche ni ses yeux sauf à l’aube des miroirs ou dans le tremblotement des eaux

71.2

Le visage c’est ton visage les yeux ce sont tes yeux et ta question celle que tu bois à la source Face à face

72鶏始乳

Niwatori hajimete toya ni tsuku
Les poules commencent à pondre leurs œufs.

Le tombeau sonne trois coups secs trois coups becs de l’intérieur J’attends dehors dans le jour qui chante bouche fermée sa lumière